On s'imagine dans quelques dizaines d'années. Après avoir cannibalisé l'ensemble de ce qui produit de prêt ou de loin ce qui fait du cinéma, après avoir martelé dans un grand message écologique que tout ce béton, tout cet espace qu'occupent les salles alors qu'on peut le faire confortablement chez soi, on pourrait mettre des espaces verts ou des logements, ce sera la mort du cinéma. Et d'ailleurs quand on voit la baisse de qualité en lien justement avec les plateformes de streaming, on se dit que l'affaire est en marche. Mais en fait, on a ce qu'on mérite. Le succès des plateformes montre tout simplement qu'on peut se contenter de la médiocrité et qu'il n'est pas nécessaire de payer des millions pour avoir un film qui plaise.
Dans le post précédent, j'écrivais que je trouvais astucieux le fait que TikTok ne date pas les vidéos. En ne donnant pas son nombre d'abonnés, Netflix surfe sur une vague psychologique équivalente. Avec une publication régulière des abonnés, on a tendance à favoriser les effets de masse et surtout dans le mauvais sens. Si vous découvrez que Netflix vient de perdre 15 millions de clients, vous allez être forcément interpellé par les raisons et finir par vous demander si les autres n'ont pas raison. Pas de nombre d'abonnés, pas d'influence, si ce n'est celle du service sur vous.
À contrario, on pourrait me faire remarquer que si Netflix gagnait 10 millions d'abonnés, on pourrait se dire que c'est formidable, alors pourquoi pas moi. Je suppose que l'impact négatif d'une perte d'abonnés est certainement bien plus importante qu'un message positif. D'autres critères interviennent de plus comme l'aspect financier ou le temps à consacrer.