Quelques statistiques sur le pacte enseignant. L'article oublie que la différence entre le privé et le public vient du fait que les enseignants du privé ont fait le choix d'être enfin payé pour le travail qu'ils font. En effet, pour travailler dans le privé, nous avons tous fait des remplacements de façon bénévole afin de ne pas laisser les élèves sans enseignant. Face finalement à un faible succès puisqu'il apparaît que le pacte ne concerne qu'une minorité des enseignants, on peut s'attendre à une suppression. En effet, en justifiant le peu de succès rencontré, on pourra justifier.
Cela va poser tout de même quelques problèmes. Le premier, c'est qu'on sait qu'il n'y aura pas de hausse de salaire, ce qui continuera d'entraîner la baisse d'attractivité d'un métier où l'on ne sent pas plus de considération malgré le manque d'enseignants. Cette année, nous avons une évaluation d'établissement, un travail supplémentaire qui ne sera pas rémunéré. Des diagnostics, du travail de plus, toujours plus, mais dans quel but ? Quel sens ? Enfin, et dans le cas particulier du privé, il sera difficile de faire un retour arrière. Si les briques disparaissent, fini les heures de remplacement gratuites. On a pris goût à ne plus être des travailleurs bénévoles.
Avec une population de plus en plus vieillissante, la plus jeune de l'équipe a 35 ans, fatiguée, les arrêts de travail se multiplient. Le remplacement devient de plus en plus nécessaire. Et pourtant, contrairement à la légende urbaine, les enseignants font partie des professions les moins absentes. La différence c'est que quand le prof n'est pas là, ça se voit.