La mort de Brigitte Bardot pour moi, c'est une vraie réflexion de fond. J'ai 50 ans et en fin de compte la carrière de Brigitte Bardot était déjà finie quand je suis né en 1975. De Brigitte Bardot, j'ai finalement connu deux facettes de sa personnalité, ou en tout cas ce qu'on a bien voulu me faire connaître. La militante de la cause animale qu'on a moqué, raillé. Et pourtant, Brigitte Bardot a été l'une des pionnières dans le domaine, un véritable tour d'avance. La fondation Bardot est solide, elle a permis d'arriver à des lois réellement au service des animaux. Jusqu'à dans mon village, on récupère de la nourriture par la fondation Bardot.
J'ai souvenir qu'à l'époque, tout le monde l'a flinguée quand elle est allée sur la banquise, en larmes parce qu'on massacrait des bébés phoques à coup de batte de baseball. Je me rappelle des imitations de l'époque, j'en riais et il était de bon ton de se moquer de cette femme. Un peu comme on a raillé les écolos, les libristes, des gens qu'on a pris pour des illuminés, un peu moins maintenant. Dans le fond Bardot a toujours été détestée par les hommes, ces parents pour commencer où sa mère lui a imposé le vouvoiement enfant parce qu'elle avait cassé un vase. Les journalistes qui l'ont persécutée. Bardot avouera qu'elle a fait plusieurs tentatives de suicide et ce sont dans les animaux qu'elle a trouvé la sérénité, loin des hommes. Bardot pour financer sa fondation a vendu l'intégralité des biens en lien avec sa carrière d'actrice, une manière de tirer un trait.
Alors oui Bardot homophobe, raciste, Bardot et ses idées du RN, son admiration pour la famille Le Pen ou même Poutine. La part sombre de Bardot qu'elle n'a jamais caché, elle a tout de même regretté en fin de vie d'avoir mis tout le monde dans le même sac. Alors Bardot certainement pas parfaite, certainement pas excusable mais tout de même Bardot reste un objet de réflexion. Elle est pour moi l'illustration même de la femme qu'il était bon de détester à toute époque, la liberté dont elle faisait preuve dans sa jeunesse n'a pas plus, la cause animale qu'elle a défendue ça n'a pas plus, et forcément les prises de positions racistes ne pouvaient pas plaire.
Il est toutefois un peu trop facile, rapide, de résumer Bardot à une imbécile qui s'est battue pour les animaux et qui a fini aigrie et raciste. Juger Bardot c'est juger l'humanité, oublier que les individus sont capables de faire le meilleur comme le pire. Personne n'échappe à la règle.