Je n'ai tenu vraiment un jour cette série, et je réalise que le dernier épisode date du 18 mars, le jour de la saint Cyrille. À ma décharge, j'ai transformé un peu ce qui était un revival de blogging en une série de billets sérieux sur du DIY sur la rénovation complète d'une maison. Je crois que c'est mieux, moins drôle, mais mieux quand même. Sur le podcast de speakeasy, il y a quelque chose que je trouve de super dans des propos de gens qui ont vingt à trente ans de moins que moi. Ce qui compte, c'est ce que tu vas partager, loin des stratégies et des leviers que tu pourrais actionner pour faire de l'audience. Je suis assez fier de ces billets de rénovation, parce qu'ils sont le reflet d'une expérience.
La semaine prochaine j'aurai 51 ans le 12 juillet et je cherchais tout de même la conclusion, une fausse conclusion. En ayant fermé mon compte Mastodon, j'ai commencé à produire des notes plus personnelles comme je l'aurais fait il y a 20 ans sur un de mes blogs ou au détour d'un post de forum. On va donc continuer à enrichir ce Shaarli, mais je tenais tout de même à conclure la série.
En trois ans, j'ai enchaîné un enterrement, un mariage et une rénovation. Je crois que j'ai entendu toutes les conneries philosophiques sur la démarche, sur le fait de se chercher un but. La réalité est tout autre, la vie te met des trucs devant toi et tu n'as pas d'autre choix que de faire avec. La vie continue et tu n'as pas d'autre choix que de prévoir un minimum. Je crois que c'est l'essence même de la nature humaine, le faire avec, avancer, l'espoir et la résilience. On pourrait dire qu'à mon tour, c'est de la philosophie de comptoir, mais pas du tout, nous sommes taillés dans ce bois. Quand on évoque les lois sur la fin de vie, les associations de personnes handicapées sont montées au créneau pour bien clarifier les choses. En effet, j'écoutais une dame fortement diminuée qui expliquait qu'on lui tirait souvent un chapeau pour saluer le fait qu'elle arrive à vivre comme ça, qu'on préfèrerait mieux en finir si on était dans son état. En fait, elle expliquait simplement que la vie, c'est la vie, et que même si parfois, c'est un peu la vie de merde, c'est la vie quand même avec ses beaux moments.
J'ai donc fait tout cela parce que le combat continue et qu'il vaut mieux une maison de plain-pied que d'avoir des étages à monter. On n'achète pas une maison pour donner du sens à sa vie, on achète une maison pour y vivre. On ne change pas de maison parce que l'actuelle est trop lourde de souvenirs, on change de maison parce que trois niveaux dans vingt ans ça va pas le faire. On fait les choses parce qu'il le faut.
Il y a tout de même dans cette période pour le moins complexe quelques bricoles que j'ai apprises. La première, c'est qu'il m'est désormais impossible de me fixer des impératifs à plus d'une semaine à l'avance. Dire que je vis au jour le jour serait faux, je vois les grandes dates, comme le 18 août la maison est vendue et je suis à la rue, mais je suis désormais incapable de prévoir un calendrier précis. Je me fixe des objectifs clairs à la journée. Par exemple au moment où j'écris ces lignes, l'objectif de ce dimanche est la glandouille absolue parce que je sais que sinon je ne me lèverai pas demain. La seconde chose, c'est de ne pas trop se poser de questions. Mon surnom ces dernières années c'est Bruno Lemaire, expert en quoi qu'il en coûte. J'ai fait des prises de risque que je n'ai pas faites depuis un bon moment et si je ne les avais pas faites, je n'aurais pas avancé. J'ai passé des moments tendus, mais c'est passé. Risques calculés bien sûr, mais risques quand même.
Voilà comment s'achève cette année qui aura été bien remplie, l'année des 51 ans ne serait pas vraiment Pastis from the Calanques puisqu'il faudra faire les extérieurs, mais j'aurais au moins une seule maison à gérer ce qui sera déjà plus simple.