J'étais dans le Cantal à l'époque et ça ne nous rajeunit pas. Nous étions à Maurs la jolie et nous étions dans l'obligation de prendre le bus pour aller passer le DNB à Aurillac. Du bus, des paniers repas à prendre sur place, une véritable galère. Il y avait pourtant un côté solennel, le fait de ne pas passer un examen à domicile avec des enseignants qui ne sont pas les mêmes que d'habitude. J'ai vécu quelque chose d'assez exceptionnel à Clermont l'Hérault où nous étions sur le collège de secteur dont la majorité des élèves de ma classe avait été exclue. Ils avaient décidé de se rappeler au bon plaisir des enseignants sur place. On nous avait demandé de garder nos propres élèves au grand soulagement de nos collègues.
Depuis quelques années désormais le DNB se passe dans l'établissement des élèves. D'un point de vue organisation c'est certain que c'est beaucoup plus facile pour tout le monde. Toutefois, cela casse complètement la dynamique qu'il y avait à l'époque si bien que les élèves jouant à domicile ont l'impression que c'est un contrôle comme les autres.
On se dit qu'on pourrait jouer sur les obligations comme avoir les convocations ou les pièces d'identité et refuser un élève qui ne les a pas. Et pourtant ici encore nous sommes perdants puisque dans le cas où l'élève n'a pas sa pièce d'identité, il faut quelqu'un pour le reconnaître. C'est donc un enseignant sur le PV qui va noter qu'il reconnaît bien l'élève.
La moralité c'est qu'à tous les coups on perd, et on doit régler désormais des problèmes de discipline. Il faudrait durcir pour faire comprendre que le DNB n'est pas un jour comme les autres mais le premier examen qui signe la fin du collège. Il faudrait aussi que ce dernier intervienne enfin dans le passage en seconde pour donner du sens mais tout ça c'est une autre histoire.