Aujourd'hui c'était le dernier jour de l'année et étaient invités d'anciens collègues pour célébrer un départ à la retraite. J'ai donc revu des gens que je n'ai pas vus depuis plusieurs années. À table, alors que je suis en train de me servir, une ancienne secrétaire me demande des nouvelles de mon fils. Forcément quand je dis qu'il est décédé, ça jette un froid.
Comprenez que je n'ai aucun grief à l'encontre de la personne, mais cela interpelle sur sa propre communication. Quand on n'a pas vu les gens depuis un moment, on tombe dans les basiques, le travail, la famille. Et pourtant si on réfléchit bien, quand on a décroché de la vie des gens, qu'on ne connaît leurs drames et leurs bonheurs, pas évident d'entrer dans la communication.
En fin de compte, il faut se contenter d'écouter les gens et les laisser parler. Parce que dans le fond si on n'a plus de contact avec une personne durant cinq ou six ans, c'est qu'on n'est pas vraiment intéressé par son devenir. La moralité, plutôt que de poser la question qui blesse, il vaut mieux encore ne rien dire.