L'article ne s'arrête pas au taux de réussite du BAC mais va plus loin dans le calcul des obtentions de mention. Entre 1997 et de nos jours, le nombre de gens qui ont obtenu la mention très bien a été multiplié par 10. J'ai eu le BAC en 93 (fan de NTM, ça ne s'invente pas), à l'époque quelqu'un qui avait la mention très bien, c'était vraiment une grosse tête. On note donc le paradoxe d'avoir des élèves de plus en nuls de façon factuelle, mais qui pourtant explosent les performances aux examens. Tout ceci est donc un joli cadeau et pose de nombreuses questions.
Sera-t-il possible de faire un jour marche arrière et de planter 50% d'une population qui ne mérite pas son examen ? On imagine un peu la réponse. Le DNB l'an prochain est calibré sur 40% de contrôle continu et 60% d'épreuve, on devrait en toute logique observer une baisse de la réussite. J'attends de voir le tour de passe passe pour maintenir des résultats de plus de 90%. Alors dans ce monde dans lequel les diplômes n'ont plus de valeurs, quelle possibilité pour évaluer les élèves quand on est une prépa par exemple, des études supérieures quelconques ou même un employeur ?
L'état ne se rend pas compte qu'en pipant les dés, il n'aide personne. Ni les enfants qui se croient Bruce tout puissant avec un diplôme mensonger, ni le pays, dans un monde dans lequel on est dans le dur et pour lequel il faut des gens qui soient au niveau.
On se doute bien que l'idée n'est pas de régler un problème mais de proposer des forfaits dans un climat anxiogène à des parents qui sont soucieux pour leur enfant mais pas assez pour leur retirer le dit portable.
À la fois un triste marronnier mais une réalité qui va devenir de plus en prégnante avec les années. Ça va qu'il ne fait pas trop chaud à Paris qui est le centre du monde, mais il faut se rappeler qu'une année on avait dû déplacer le DNB par rapport à la canicule (parisienne). Dans le débat actuel du rabotage des vacances scolaires, une réalité qui montre une fois le plus le décalage entre les énarques qui travaillent dans les bureaux climatisés et les enseignants qui travaillent dans la canicules dans des bâtiments qui sont vétustes. On sait pertinemment qu'on n'ira pas refaire les écoles de France faute de moyen, alors qu'on arrête de nous expliquer qu'il va falloir travailler avec les enfants le 12 juillet, la date de mon anniversaire.
Comment réussir à communiquer avec des gens si éloignés des réalités du quotidien ? Extensible bien sûr à chaque profession.
La semaine prochaine c'est le DNB, nos élèves vont travailler dans des salles qui ne sont pas climatisées. On comprend ici que les grands délires qui consistent à raccourcir les vacances scolaires, notamment les estivales, ne s'interrogent pas sur les conditions d'accueil des enfants. Et malheureusement c'est un peu comme tout, croire que toucher l'école, ça n'est toucher que l'école. Si tout était si simple.
Une théorie assez intéressante, l'isolement derrière les écrans retirerait l'empathie. De là à inciter à un passage à l'acte pour tuer quelqu'un, je pense que c'est différent. Que les écrans altèrent des choses oui, mais ici il est tout de même question du bien, du mal, c'est plus profond.
On réalise que le jeune ne rentre finalement dans aucune case et qu'interdire les réseaux sociaux, mettre des portiques, ne vendre que des couteaux à bout rond ne réglera pas le cas isolé d'un gamin fou. Le souci des couteaux n'est pas d'aujourd'hui, j'ai souvenir d'avoir un élève qui jouait avec un cran d'arrêt en classe. J'ai demandé poliment de ranger ce qu'il a fait, puis je me suis offert un rappel à la loi. C'était il y a 12 ans. Le problème de la santé mentale, c'est effectivement un problème de fond qui rejoint l'école et la société. Les enfants vont mal, on peut identifier des problèmes comme les réseaux sociaux mais aussi le monde anxiogène dans lequel nous vivons. Mais quel système de santé, quels moyens pour prendre en charge cette jeunesse qui va mal ? Ils n'y sont pas et on finira par payer des portiques moins chers que des salaires, le problème de la France qui préfère payer du matériel que des hommes.
Bien évidemment c'est expliqué par la jeune qui a mis la recette, qui va dire qu'on lui a mis le coup de pression. Personne ne sera à même de dire ce qu'il s'est réellement passé dans le bureau. Dans tous les cas, et comme je l'ai déjà dit, le problème parcoursup c'est comme le reste, ça se compte en année. Baisse des naissances, baisse du niveau, bientôt on sera en recherche de gens pour venir dans le supérieur.
Cet événement nous rappelle une fois de plus qu'on peut mourir dans notre travail. C'est la fatalité, en fin de compte on peut mourir de partout. Ce qui par contre est plus embarrassant c'est le fait de sortir trente lois en même temps sans avoir les avancées de l'enquête notamment sur le profil du jeune. Trouver un couteau, pas besoin d'aller sur internet pour en trouver un, il suffit de regarder dans le tiroir des parents.
En fait, ce qu'on ne réalise pas quand on n'est pas dans le système, c'est que c'est finalement un mauvais moment à passer comme le manque de profs. A l'époque en 1993, j'ai 18 ans quand j'arrive sur les bancs de la FAC et on donne encore une bourse très conséquente pour les gens qui veulent faire enseignant. C'est quand j'arrive en licence qu'on réalise que nous sommes nombreux, trop nombreux et que le concours d'enseignant devient très difficile.
Le résultat aujourd'hui c'est en lien avec le trop plein d'élèves bacheliers, mais ça va se tasser. Dans mon secteur, la baisse de natalité est extrêmement importante et on le voit se répercuter au collège. On sait que la natalité est en chute libre, c'est donc le début. Tout ce qu'on voit en ce moment chez les petits qui en fin de compte légitime de ne plus recruter d'enseignants, va se propager dans le supérieur dans quelques temps.
La baisse de natalité va régler certains problèmes comme le logement mais va en créer d'autres comme faire vivre une population de vieux avec un minimum d'actifs. Quand Macron évoquait le réarmement, il a malheureusement totalement raison. Mais ce n'est pas dans le monde dans lequel on vit, que nos jeunes vont avoir envie de faire des enfants.
Alors que j'ai un niveau plutôt convenable de français, que je sais écrire, je ne comprends rien quand parlent mes collègues de français. Les termes techniques, les évolutions aussi. À une époque il y avait de simples compléments circonstanciels, aujourd'hui ça a changé. L'idée est donc plutôt mauvaise mais par contre elle existe déjà. Dans l'enseignement agricole nous avons tous deux casquettes. Je suis prof de maths et de TIM. Des collègues sont profs de français et d'histoire, des collègues de langues sont aussi professeur de français.
Pour faire du collège on ne va pas se mentir, c'est quand même franchement jouable. Il y a un intérêt profond pour les élèves, c'est comme nous enseignons plusieurs matières, nous sommes des équipes réduites. Les enfants passent davantage de temps avec nous. Pas autant que les instits, mais davantage que les enseignants classiques. On les connaît mieux, ils nous connaissent mieux, c'est plus simple.
On pourrait presque trouver ça amusant de voir des gens courir comme un poulet sans tête, mais il s'agit de sauver l'éducation, nos gosses, le futur. On va donc basculer à 4.5 jours pour se rendre compte qu'à part désorganiser un peu plus les familles, les transports, rajouter une demi journée de chauffage et d'électricité pour n'avoir absolument aucune amélioration du niveau scolaire.
Il arrive quand le prophète parmi nos politiques pour expliquer que nos enfants n'en font pas une et que c'est pour ça que le niveau baisse ? Ce surdoué qui aura le courage de mettre tout le monde au travail ?
Retour sur la claque de Bayrou, je me souviens clairement de l'époque et effectivement tout le monde saluait le geste, moi le premier. Si on comprend bien que mettre une dérouillée à son gosse ne va pas régler les problèmes, il apparaît que l'éducation positive ne résout rien, le laxisme encore moins. L'article fait le rappel à la loi mais même si ce n'est pas son but, il n'apporte aucune solution éducative dans un monde où toutes les valeurs s'effondrent. Ce que l'article ne dit pas aussi c'est que le jeune giflé par Bayrou est tombé dans la délinquance et dans la prison : https://www.ouest-france.fr/politique/francois-bayrou/gifle-par-francois-bayrou-quest-devenu-lenfant-qui-lui-avait-fait-les-poches-en-2002-47e2e96e-be14-11ef-b01b-18b70b7523f7
Oui, c'est quelque chose à faire, pour les élèves mais aussi les profs dont on ne parle pas quand on reçoit des messages à toutes les heures. Mais il y a tout de même quelque chose d'étonnant dans cette mécanique. On se dit prêt à faire un couvre feu sur le travail quand on a jamais envisagé de faire un stop sur les réseaux sociaux ou d'autres activités de nos jeunes. Quand dans notre quotidien nous bataillons pour que les élèves en fassent un peu, les sensibiliser aussi aux ENT comme outil de travail et les inviter à les consulter, on s'attaque d'abord à la valeur travail plutôt que de s'en prendre un grand coup à TikTok, insta ou même les IA.
Où l'on prend conscience que personne n'est prêt pour l'IA dans l'éducation et que personne ne se rappelle qu'on a encore un peu de pouvoir sur ça. On a attendu des vagues de suicides, des dépressions, une baisse de niveau conséquente pour imaginer une interdiction des réseaux avant 15 ans ce qui reste trop jeune, combien de temps pour une gestion de l'IA ?
Comme d'habitude, on ne se pose jamais les bonnes questions et c'est sur les enseignants que retombent la responsabilité de faire avec. Tant d'amateurisme et de manque de concertation c'est pathétique.
Mon enfant ne sera pas là, nous partons en voyage ... en pleine période scolaire, en croisière, en Thaïlande, parfois pendant deux semaines sur le temps scolaire. La problématique de la justification c'est qu'elle ne demande en fin de compte aucune attestation ou certificat. Dans une vie d'adulte où toute absence doit être justifiée par un certificat médical, on autorise les enfants à sécher à tour de bras avec la complaisance parentale qui va avec.
Plutôt une bonne nouvelle. Quand je regarde les derniers avis donnés sur le lycée, je connais certains profils et les conditions de départ. Il s'agit d'un ressenti, à chaud, légitime ou non, détaché du contexte et dans lequel il est difficile de faire un véritable droit de réponse car ce serait dévoiler la vie privée de la même personne qui nous attaque. Après, je n'ai pas de doute sur le fait que ces gens trouveront d'autres endroits pour attaquer. Reste à savoir si nous devons nous positionner pour diffamation ou autre, comme certains restaurateurs ont pu le faire. Il est assez triste de se dire qu'un établissement scolaire et un restaurant, c'est même combat.
Nous avons mis en place l'interdiction des smartphones pour le collège depuis cette année. Il s'agit de la suite donnée à une expérimentation qui a eu lieu l'an dernier. Si on fait le calcul avec ce qu'on avait avant, le climat scolaire n'est pas meilleur, il s'est même dégradé. Le problème avec l'école c'est que tout évolue tellement vite dans le comportement de nos jeunes qu'il serait impensable de voir une causalité avec l'usage ou non du smartphone. D'un point de vue pratique, les élèves donnent leur téléphone qui sont mis dans des boîtes à la vie scolaire durant la journée. Bien sûr, ils essaient de gruger mais cela reste tout de même marginal. Paradoxalement on avait davantage de problèmes d'addictions aux smartphones il y a quelques années, le critère nouveauté certainement. Aujourd'hui c'est pleinement intégré dans les usages. Moralité, c'est un outil de désœuvrement comme un autre pour certains, et pour d'autres une manière de faire de mauvaises rencontres ou d'avoir des problèmes. On voit peu d'usages positifs à la sortie dans l'utilisation des jeunes.
Si Elisabeth Borne continue comme ça, elle va réussir à se hisser au niveau de Ségolène Royale ce qui n'est pas une mince affaire. Cela dit, dans l'absolu ce n'est pas totalement faux et je m'explique. A une époque où il n'y avait pas 90% d'élèves qui avaient le BAC, n'importe qui titulaire du BAC pouvait tenter sa chance dans n'importe quelle faculté. Cela voulait dire que l'élève après avoir suivi trois ans de BAC scientifique pouvait se réorienter vers les lettres ou vers l'histoire. Avec un système à bout de souffle, aujourd'hui les places sont chers. Concrètement dès la classe de seconde, si un enfant fait les mauvais choix, s'il ne se la donne pas à fond, il casse ses chances de faire les études supérieures qu'il veut. Alors effectivement, peut-être que dix ans séparent la fin du collège de la maternelle, mais effectivement dans un système parcoursup il y a tout intérêt à réfléchir à son avenir le plus tôt possible.
Article sans surprise, je note tout de même deux points. La problématique de concentration qui est non négligeable face à un problème de temps qu'on connaît tous. La disponibilité cérébrale nous imposant à faire des choix, il est plus facile de scroller sur des réseaux sociaux que de se concentrer sur un bouquin. Paradoxalement on a jamais eu autant de livres à disposition. En gros on a moins de temps, on lit moins, il y a plus d'offre. Cherchez l'erreur.