Il y a dans cette histoire, une bonne synthèse de nombreux problèmes de nos sociétés. La première chose, c'est que dans quelques années, il n'y aura plus d'enfants avec la baisse de natalité qu'on se prend dans les dents. La seconde, c'est qu'on vit dans un monde tellement pourri pour qu'on ne veuille plus de gosse. La troisième, ce n'est pas tant que les gens n'aiment pas les enfants, ils ont juste du mal à supporter des gosses qui vont hurler à la mort pendant des heures de trajet devant l'indifférence totale de leurs parents trop absorbés par leurs écrans. Et je pourrais rebondir sur la société des écrans et même aller plus loin sur le mal-être qui nous force à scroller de manière infinie.
Intéressant de voir un collectif qui propose carrément un éloignement des technologies. On a basculé dans un espèce de Terminator plus subtil dans lequel la machine détruit l'homme car elle pense à sa place. On n'est pas rendu.
L'application au lycée. Je vous invite à lire l'article que j'ai pu écrire à ce sujet : https://restez-curieux.ovh/2025/11/30/retour-sur-lexperimentation-portable-en-pause/. Dans mon établissement scolaire, on ira certainement vers la mise en place, fort à parier par contre que ce sera peu suivi sur le territoire français avec la complexité des raisons déjà évoquées.
Plus de 90% des enseignants du primaire payent pour bosser.
Je connais des gens qui ont basé toute leur stratégie sur les réseaux et qui visaient les jeunes qui risquent d'être particulièrement déçus. Je trouve que c'est une bonne mesure, même s'il y a de bonnes chances pour que les gosses contournent beaucoup.
Le temps de réaction de l'état est tout bonnement catastrophique, il aurait fallu poser une interdiction particulièrement rapidement. On pourrait se dire que c'est la faute des jeunes et qu'il y aura toujours une drogue à consommer, on pourrait surtout prendre le problème à l'envers et s'interroger sur comment rendre heureuse une jeunesse qui voit l'avenir en noir et qui cherche dans les drogues une échappatoire.
Je trouve ça très positif qu'on durcisse le ton, mais je trouve qu'on change les règles du jeu en cours de partie. On a eu de cesse de baisser le niveau, de tolérer l'intolérable, de céder à la pression des parents pour du jour au lendemain rendre les examens plus difficiles. Remonter la pente c'est le genre de choses qui va prendre des années, car le problème ne vient pas des enfants mais de tout le monde. Il faudra accepter de voir des gens qui n'ont pas l'examen, il faudra accepter de les faire redoubler, il faudra durcir rapidement face aux élèves qui ne font rien et ne rien laisser passer. Et si détruire c'est facile, rapide, reconstruire c'est différent, surtout quand on va se retrouver avec une population qui sera en opposition et qui n'est pas simple à faire plier.
Les sujets 0 viennent d'arriver. Une première lecture me laisse particulièrement perplexe. Ce qui paraît évident c'est qu'on va prendre le mur.
C'est une véritable réflexion de fond, à savoir qu'on fait lire des trucs imbuvables d'un autre siècle à nos enfants. Et pourtant, je ne suis pas certain que si on faisait lire de la dark romance en cours de français on trouverait ça génial du côté des élèves. Car la problématique est pour moi toujours la même. La lecture est un effort et cet effort, le jeune ne veut plus le faire. Alors qu'on est en lycée agricole, qu'on a des jeunes en grande difficulté scolaire, on a une petite de 3ème qui lit spontanément l'étranger de Camus parce qu'elle a vu le film et qu'elle a trouvé ça formidable.
L'idée de faire rentrer les enfants plus tard c'est quelque chose que j'entends de plus en plus souvent. Je note tout de même un abandon de plus. Et si les enfants se couchaient simplement plus tôt ? Ce n'est pas le problème, mais une partie du problème. On peut parler des causes, le temps d'écran pour gratter sur le temps de sommeil, mais pas seulement. La fameuse mobilité promue par les transports en commun est une véritable catastrophe, j'ai des élèves qui jonglent entre plusieurs bus pour faire quelques dizaines de kilomètres. Des bus fréquemment en retard, parfois qui ne passent pas, et dans tous les cas des bus qui passent particulièrement tôt.
Malheureusement, pour l'élève qui a décidé de passer son temps devant les écrans, décaler d'une heure l'entrée à l'école c'est décaler d'une heure de plus l'heure de coucher.
Des statistiques sur le devenir des élèves post troisième. On notera que la part des élèves qui va en apprentissage se compte sur les doigts d'une main.
La grande politique de l'éducation nationale, jeter des idées en l'air et attendre que les établissements scolaires en prennent possession sans aucun moyen. On ne s'étonnera pas que la mesure ne rencontre pas de succès, c'est un investissement et une logistique conséquente. Dans mon établissement, nous avons des boites dans les salles sous clé. Bien évidemment des élèves grugent et ne donnent pas leur téléphone portable, aucune possibilité de le récupérer puisque nous n'avons pas le droit de fouiller les élèves et de confisquer le matériel.
20 000 élèves pour un médecin scolaire : "la situation devient intenable" alerte une professionnelle
Ah c'est clair qu'avec des moyens pareils, on va prendre soin de nos jeunes…
C'est un peu le discours que nous tenons à nos élèves qui nous expliquent qu'à la fin de l'année, ils vont signer un contrat d'apprentissage. À l'arrivée très peu signent entre des enfants qui pensent que le patron va venir les chercher, d'autres pour qui on leur fait miroiter une place, mais finalement, on ne signe jamais rien. J'ai vu des choses surréalistes aussi, une jeune qui ne va signer que pour un an, qui correspond à la prime que va gagner le patron. Avec des jeunes qui ont de moins en moins les codes, des entreprises pour qui c'est de plus en plus difficile, entrer dans le monde du travail pour les gamins c'est compliqué. Comme le reste.
La réforme du DNB va dans le bon sens en relevant la difficulté à savoir 40% pour le contrôle continu et 60% pour l'épreuve. En fin d'année, il apparaissait que les enfants partaient tous à la moitié du temps, un travail réalisé à l'arrache pour partir le plus rapidement en vacances. Des mentions très bien, en veux-tu, en voilà, pour se retrouver avec des élèves en entrée de seconde avec des résultats catastrophiques. On ne peut donc que saluer l'intention, mais certainement pas la manière sauf si c'est pour démontrer quelque chose.
L'épreuve de maths est réformée, on voit apparaître des automatismes sans calculatrice pour un tiers de la note. Une fois de plus, on peut se ravir de voir le calcul mental revenir sauf que nos élèves ne savent pas faire des calculs simples, ne connaissent pas leur table de multiplication et j'en passe. Pas de sujet 0 pour avoir les attentes et on aurait bien aimé une distinction entre l'enseignement professionnel/agricole et le DNB général.
On peut se dire que le gouvernement va certainement sauter le 8 et peut-être avec lui cette réforme du brevet engagée. Je ne crois pas que la volonté de remettre la "difficulté" au goût du jour soit la simple décision de madame BORNE qui n'est toujours pas ma mère mais une volonté des gens qui tiennent les manettes de l'éducation nationale. À un moment, on peut difficilement expliquer aux français qu'ils vont devoir sacrifier des jours de congé, travailler plus pour pas plus et materner les générations futures qui vont devoir faire plus d'effort.
Le scandale de fond est toujours le même, celui qu'on a depuis Jean-Michel Blanquer, celui de lâcher une réforme pour un examen de fin d'année en comptant sur la flexibilité de tous. Quand on demande à nos élèves du sérieux de l'anticipation, le ministère quant à lui fait pire qu'un ado de 14 ans en faisant tout à l'arrache.
18€ la pochette 199€ la borne de verrouillage déverrouillage. C'est assez magique de voir qu'on a réussi à faire un business dessus. On voit que la vie scolaire a l'air dithyrambique, c'est moins le cas pour les profs qui sont seulement 20% à constater une amélioration. À mon niveau aucune différence, les enfants sont toujours aussi énervés, manquent d'éducation et de sens de l'effort. Retirer les portables à l'école n'est qu'un sparadrap sur une jambe de bois, ce sont toutes nos vies numériques qui sont à revoir.
On aimerait une véritable prise de conscience des pouvoirs publics quant à la baisse de niveau des enfants dont l'explication principale tient dans le manque d'exigence que l'on peut imposer. En effet si le corps enseignant est dans l'attente, que faire face à un enfant qui ne fait rien, des parents qui n'aident pas et une impossibilité pour le système éducatif de réagir. La colle ne sert à rien, le manque d'habitude de faire des efforts est aussi un angle à travailler. Quand on a l'habitude de l'effort c'est plus facile. Pour moi, il n'est pas arrivé celui qui remettra tout le monde au travail.
L'article ne s'arrête pas au taux de réussite du BAC mais va plus loin dans le calcul des obtentions de mention. Entre 1997 et de nos jours, le nombre de gens qui ont obtenu la mention très bien a été multiplié par 10. J'ai eu le BAC en 93 (fan de NTM, ça ne s'invente pas), à l'époque quelqu'un qui avait la mention très bien, c'était vraiment une grosse tête. On note donc le paradoxe d'avoir des élèves de plus en nuls de façon factuelle, mais qui pourtant explosent les performances aux examens. Tout ceci est donc un joli cadeau et pose de nombreuses questions.
Sera-t-il possible de faire un jour marche arrière et de planter 50% d'une population qui ne mérite pas son examen ? On imagine un peu la réponse. Le DNB l'an prochain est calibré sur 40% de contrôle continu et 60% d'épreuve, on devrait en toute logique observer une baisse de la réussite. J'attends de voir le tour de passe passe pour maintenir des résultats de plus de 90%. Alors dans ce monde dans lequel les diplômes n'ont plus de valeurs, quelle possibilité pour évaluer les élèves quand on est une prépa par exemple, des études supérieures quelconques ou même un employeur ?
L'état ne se rend pas compte qu'en pipant les dés, il n'aide personne. Ni les enfants qui se croient Bruce tout puissant avec un diplôme mensonger, ni le pays, dans un monde dans lequel on est dans le dur et pour lequel il faut des gens qui soient au niveau.
On se doute bien que l'idée n'est pas de régler un problème mais de proposer des forfaits dans un climat anxiogène à des parents qui sont soucieux pour leur enfant mais pas assez pour leur retirer le dit portable.
À la fois un triste marronnier mais une réalité qui va devenir de plus en prégnante avec les années. Ça va qu'il ne fait pas trop chaud à Paris qui est le centre du monde, mais il faut se rappeler qu'une année on avait dû déplacer le DNB par rapport à la canicule (parisienne). Dans le débat actuel du rabotage des vacances scolaires, une réalité qui montre une fois le plus le décalage entre les énarques qui travaillent dans les bureaux climatisés et les enseignants qui travaillent dans la canicules dans des bâtiments qui sont vétustes. On sait pertinemment qu'on n'ira pas refaire les écoles de France faute de moyen, alors qu'on arrête de nous expliquer qu'il va falloir travailler avec les enfants le 12 juillet, la date de mon anniversaire.
Comment réussir à communiquer avec des gens si éloignés des réalités du quotidien ? Extensible bien sûr à chaque profession.