Si l'initiative de L'état français est la bonne pour se passer des logiciels américains, il faut quand même prendre conscience qu'on est largement en train de réinventer la roue. Plutôt que de miser sur des logiciels libres existants et de financer du logiciel libre, on préfère financer des solutions qui existent déjà. Oui c'est open source, mais justement si on veut aller dans l'esprit, on y va jusqu'au bout en contribuant à l'existant.
Baisse de la concentration, manque de lecture etc... J'écoutais dans un podcast une chercheuse qui écrivait qu'il va falloir se poser les vraies bonnes questions quant à ce qu'on veut que nos enfants sachent, utilisent, et de poster des jalons sur l'âge. Le smartphone arrive certainement trop tôt, comme l'utilisation de l'intelligence artificielle. À mon sens, c'est déjà trop tard, car les personnes qui devront prendre des mesures sont déjà bien rongées par le mal.
Un article de plus qui explique qu'il va être difficile de recruter des enseignants dans les prochaines années. Je n'ai pas de lycée depuis deux ans pour mon plus grand soulagement, mais je sais que j'ai fait parcoursup en mon âme et conscience. Si un élève ne travaille pas, je ne vais pas inventer un monde dans lequel il travaillerait. Je note les éléments en ma possession, au moment où je remplis mon appréciation. Le concept de bienveillance, on réalise qu'il est totalement biaisé aujourd'hui. Laisser tout passer c'est de la bienveillance. Un élève qui n'a rien fait pendant toute sa scolarité et qui demande des études supérieures dans lesquelles il faudra faire de gros efforts, on ne va pas dire que potentiellement s'il faisait les efforts il y arriverait. Il vaut mieux laisser sa chance à l'élève qui travaille comme un acharné plutôt que d'ouvrir les portes aux glandeurs.
Je suis toujours étonné par les réponses syndicales qui pensent qu'il suffit de mettre plus de personnels quoi qu'il arrive. J'ai des collègues, il y a 20 ans qui me racontaient qu'elles faisaient il y a bien longtemps des études avec 70 élèves sans un bruit. Sans tomber dans c'était mieux avant, sans dire que c'était une autre époque, il faudrait peut-être se poser quelques questions sur l'éducation qu'on donne à nos enfants.
Quand on connaît le niveau du DNB, c'est tout de même assez alarmant notamment pour les séries pro avec 75% de réussite. Il faut se souvenir que c'est 50% de contrôle continu et un quart de l'examen c'est un oral qui se joue à domicile. Dans mon établissement ceux qui n'ont pas l'examen sont les élèves très absentéistes. Cela laisse supposer les problèmes pour des élèves âgés de 14/15 ans.
Comme on s'en doute, l'action en justice n'est pas menée pour les 800€, tant on imagine la complexité de la procédure mais bien pour faire condamner un manquement de l'État. C'est quand même marrant quelque part de faire des économies en ne recrutant pas des profs et de payer parce qu'on n'a pas recruté.
C'est tout de même l'illustration d'une société qui va mal. Car en fait, on ne voit pas ce qu'il y a à gagner dans ce type de défi. Je prends un exemple qu'on pourrait considérer tout aussi dangereux et idiot comme sauter d'une falaise pour plonger dans l'eau. Il y a ici une quête de "courage", de montrer sa force et sa détermination et pas nécessairement une volonté suicidaire. Celui qui réussit a montré son affirmation. Par contre celui qui s'envoie des cachets pour finir à l’hôpital montre qu'il est seulement suicidaire.
Des étudiants qui crèvent de faim. Pendant ce temps là à Montpellier, ville où j'ai fait mes études : 500 000 euros investis par la Ville de Montpellier pour sauver la pelouse du stade de rugby. Car c'est bien le problème de la France, le sens des priorités. Quelle que soit son activité un jeune ne devrait pas crever de faim, mais cela va plus loin. On a cassé l’ascenseur social en France. Alors qu'on fait le constat que nos jeunes sont de plus en plus en difficulté scolaire, si les potentiels cerveaux de demain crèvent la dalle, ils ne finiront jamais leurs études.
Au lieu d'expliquer que tout coûte cher, on ferait mieux de faire des choix de société. Une société mal soignée par exemple, on a l'impression de faire des économies mais c'est simplement déplacer le problème. De la même manière qu'imaginer qu'un maçon va poursuivre jusqu'à 64 ans, c'est ne pas réaliser qu'on déplace le problème. Il faudrait arrêter de penser que le service public coûte cher, il peut en outre être mal géré comme quand Anne Hidalgo fait un hors forfait de 10.000 €.
Voici la nouvelle star des cours d'école. Là, on va aller encore dans le compliqué et c'est ici qu'on voit qu'on a toujours un tour de retard. Pendant que la France réfléchit à l'interdiction des téléphones portables en France, on n'anticipe pas les lunettes connectées. Je pense que cela va être un nouvel outil de harcèlement et le prochain fléau à gérer.
Alors que le niveau de nos élèves ne cesse de diminuer, qu'on constate quand même masse de problème dont le recrutement des enseignants, le vieux débat sur les vacances qui revient. Évoquer les vacances scolaires, c'est comme le fauteuil à 40.000€, c'est montrer qu'on est déconnecté de la réalité. Si on fait abstraction des professionnels du tourisme, nos meilleurs amis, il faudra faire remarquer trois choses au président Macron :
- Quand faire venir des élèves au mois de mai en France ça commence à devenir une guerre, imaginer le 14 juillet c'est quand même fantaisiste.
- Avec des températures parfois caniculaires en juin, le 14 juillet est une plaisanterie.
- On fait quoi avec les profs mal payés ? On les paye plus ? Pareil ? Du fait de nos contrats, il sera nécessaire de payer 1 million de prof sur 15 jours d'école de plus. Le fait d'aller plus à l'école, ne nous fera rien produire de plus, c'est donc une dépense de plus.
C'est une réalité du métier, une parmi d'autres. On évoque ici les dépenses régulières que nous faisons pour pouvoir travailler. Dans n'importe quelle société, on vous confie un ordinateur professionnel de la boîte. Dans l'enseignement, on doit avoir son matériel. On pourrait rétorquer que depuis la COVID, une prime informatique de 150€ par an est versée, c'est vrai. Le problème du métier d'enseignant c'est en fin de compte son manque d'encadrement. 18h de cours à fournir sur le papier, mais combien de temps consacré à la mission et désormais aux extras. Le métier d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui d'hier. Les enfants à particularité, les problèmes sociaux, mais aussi la paperasse ont démultiplié les tâches. Je suis à un âge trop avancé pour envisager changer de métier qui conserve encore ses avantages comme les vacances qu'on veut raboter, mais pour quelqu'un de jeune, c'est un métier que je déconseille fortement.
Le pass Culture ne touche que les gens qui ont déjà un intérêt pour la culture. Il faut réaliser que c'est plus profond que ça. Je vois pas mal de gamines qui lisent des mangas ou des romans actuels dans les pas de 50 nuances de gris. La majorité des jeunes n'iront pas chercher la culture car ils n'y voient aucun intérêt. Pour eux, une date, un lieu, un événement, ça n'a aucune importance parce que ça ne sert à rien, ce n'est pas utile. L'argument pourrait se défendre, sans même porter un jugement sur ce qu'ils font, ce qu'ils regardent. Le problème c'est de l'attendre à tout. Ça ne sert à rien d'apprendre à conduire, il y a blablacar. Ça ne sert à rien d'apprendre à faire à manger, il y a Uber Eat. L'argument du ça ne sert à rien est extensible à l'infini et dissimule en fait une paresse crasse. La curiosité ça se travaille.
Hier une collègue m'interpelle pour me dire qu'on peut mettre ChatGPT dans une calculatrice, elle l'a vu dans le reportage que je vous conseille de regarder. Il apparaît que les journalistes auraient dû demander à ChatGPT pour savoir si c'est possible. Bien évidement, c'est impossible quand on connaît les ressources, mais j'ai remonté à la source de la vidéo du journaliste : Chat GPT et 20/20 en maths ? Solution 👉 ta CASIO
On voit le gars qui explique comment il a réussi à mettre ChatGPT sur une casio FX 92 collège ...... Pas besoin d'être prof de maths ou ingénieur en informatique pour comprendre que c'est une grosse blague.
Je crois qu'on n'a pas tous les mêmes combats, mais ça a l'air de leur tenir à cœur. A titre personnel, je le mets au même niveau que celui qui mine du bitcoin sur une Game Boy.
La conclusion de l'article est assez édifiante et rejoint un peu ce que j'avais écrit quant à la culpabilisation qui nous pousse à la modification permanente pour donner l'illusion de productivité. Le bon vieux devoir à papa, celui qui fait qu'on fait 300 fractions pour être sûr qu'on saura faire la 301ème, doit-elle être remise en question parce que l'IA sait le faire ? La réflexion n'est pas à faire au niveau de l'enseignant mais plus haut, savoir le monde dans lequel on veut vivre. Les Australiens par exemple ont fait le choix d'un monde dans lequel les jeunes pourraient binger sur les réseaux à partir de l'âge de 16 ans. On peut effectivement faire le choix du moindre effort intellectuel. Trouver la parade aux IA pour ma part ne sert à rien, il va simplement falloir rajouter du temps scolaire pour passer davantage de temps à évaluer dans notre monde actuel basé sur l'évaluation.
L'argument : > Il est tout à fait probable que l'interdiction conduise les jeunes vers des zones plus sombres d'Internet où il n'existe pas de règles générales, d'outils de sécurité ou de protection." est tout de même d'une hypocrisie particulièrement crasse quand on connaît le jeu des algorithmes de ces plateformes. Cela dit, dans l'absolu, ce n'est pas totalement faux, ce qui signifie bien que l'interdiction doit s'accompagner de moyens pour les parents d'avoir un véritable contrôle sur ce que font leurs enfants. On pourrait me faire remarquer qu'il faut éduquer, expliquer, et j'en passe, sauf que dans les faits, les ados s'en moquent complètement. Avec les années, ce n'est pas un ressenti, mais un simple constat, la pédagogie ne fonctionne pas, seul le gendarme marche.
Dans mon établissement, le facteur de stress est une douce plaisanterie. Je vois parfois des élèves regarder ecoledirecte avec une semaine de décalage en salle informatique. Et c'est un problème de fond pour ma part, génération ultra-connectée sur plusieurs réseaux sociaux mais qui ne prendra pas le temps de regarder ce qui se passe à l'école, le travail, les obligations. Pour moi l'ENT reste positif dans sa globalité, parce qu'il a le mérite de laisser une trace écrite et de "dégrossir". J'entends par là qu'envoyer un mail à toutes les familles c'est savoir qu'au moins certains le liront et le diront aux autres.
Pour le reste c'est une charge de travail supplémentaire qu'on a vu apparaître et qui s'est accentuée avec la crise COVID. Les parents ou les élèves communiquent à toute heure, y compris pendant les vacances et le weekend. Alors qu'il paraît logique de ne pas appeler son garagiste le dimanche, qui de toute façon ne répondra pas, pour le professeur, on juge que c'est totalement légitime.
Il y a quelque chose que je trouve assez intéressant, amusant et effrayant à la fois. A une époque, cette idée de deux heures de sport en plus, présentée comme une injonction pour sauver une jeunesse qui ne fait plus rien n'aurait pas eu de sens. Les jeunes faisaient du sport, des activités, aujourd'hui ils ne font rien. Les sportifs ont donc raison, il faudrait pour le bien collectif davantage de sport. Sauf que le problème et c'est ici que c'est assez effrayant, c'est que l'école ne peut pas se suppléer à tout. Je suis passé de simple professeur à éducateur dans mes missions. On en fait tellement au quotidien pour pallier les carences familiales qu'il faudrait qu'on vive avec nos élèves. Cette vision d'imposition devrait après tout être imposée aux adultes pour casser notre sédentarité, notre surpoids. On se rapproche quand même de plus en plus d'une société décrite dans S.O.S Bonheur de Vanhamme.
On me dit dans l'oreillette que les jeux olympiques sont terminés !
Des résultats toujours catastrophiques et pas de solution en vue.