Bienvenue dans le monde de l'éducation. Seuls pour gérer des choses impensables, abandonnés de tous sauf de la justice quand on fait une erreur ou pas. Et on s'étonne que le métier peine à recruter quand on accuse à tort ses enseignants de trafic de stupéfiants.
J'aime beaucoup la conclusion où on explique que Mastodon est une alternative bien plus respectueuse que Twitter mais que malheureusement, elle n'a qu'une très faible audience. Et c'est ici qu'on comprend que c'est le serpent qui se mord la queue, sauf pour les plus courageux. Si le raisonnement c'est de rester sur Twitter, comment Mastodon pourra-t-il grandir ? Le courage, c'est d'arrêter de chercher l'audience à tout prix pour se focaliser sur le plus important : la qualité, l'éthique. Il y a de plus une erreur stratégique. Même si Mastodon est plus petit, ses membres sont certainement plus éclairés, plus éduqués. Par le fait, la cible est peut-être plus importante sur Mastodon que sur Twitter. Mais si on n'essaie pas, il sera difficile de savoir ...
Une mauvaise solution et pour plusieurs raisons. Celles évoquées par l'article quant au grand flou des programmes et de l'organisation. Et puis une interrogation. Avec le jeu des compétences pour le contrôle continu, l'oral, on arrive très rapidement aux 400 points de la moyenne. Certains élèves ont le DNB sans avoir à aller à l'écrit. La moralité c'est que ne pas réussir le DNB c'est tout de même une interrogation quant à une poursuite en seconde générale qui nécessite un gros niveau scolaire pour une poursuite d'étude post bac obligatoire. Le bac général ne servant à rien, et le BAC PRO de plus en plus.
Lors de la première correction du DNB post COVID on avait vraiment senti la différence avec des enfants qui peinaient à faire une copie proprement. Cela reste catastrophique encore aujourd'hui avec de gros problèmes de mémoire pour les élèves, de réflexion et de concentration, mais on va quand même vers un mieux au moins pour le soin.
Dans l'application, on réalise que peu sont intéressés par le port de l'uniforme à l'école. C'est une dépense importante pour un apport qui reste discutable. Les marqueurs sociaux ne s'arrêtent pas à la tenue vestimentaire, une paire de chaussure, une Apple Watch ou le dernier iPhone sont autant d'indicateurs. Et puis après ? Demain, les élèves portent la même tenue, est-ce qu'ils travailleront plus, est-ce qu'ils seront moins méchants, est-ce que cela changera le malaise qu'on a dans l'éducation ? Il est à noter que c'est une des mesures du RN qui montre qu'il est un parti politique "comme les autres", et qui n'a pas compris que l'un des problèmes majeurs de l'école aujourd'hui c'est cette fameuse obligation. Obligation de venir à l'école, d'être respectueux, de faire son travail. Des obligations qui ne peuvent avoir lieu qu'à l'école, il va falloir que les parents jouent le jeu.
Où l'on prend conscience que l'usage des smartphones c'est plus le problème que la solution. Et c'est aussi une réflexion sur le sens de la politique aujourd'hui. En effet, interdire de façon radicale le téléphone à l'école ça ne coûte pas cher (sauf pour les fabriquants), et cela permet de régler partiellement les problèmes. L'interdiction du portable pour les plus jeunes serait la bienvenue.
En troisième de l'enseignement agricole, c'est 4 semaines de stage, que penser des élèves dans la voie professionnelle. Pourquoi chez nous ça marche et que dans le général ça ne marche pas. Nos élèves ont des profils pros pour les collèges, ils sont contents d'aller en stage. Pour les élèves de CAPA ou de BAC PRO, c'est obligatoire dans leur formation. Moralité, s'ils n'y vont pas, ils ne peuvent pas valider l'année.
Et c'est ici qu'on se pose forcément la question suivante. Que se passe-t-il si un élève de seconde ne fait pas son stage ? Quelles sont les conséquences pour sa scolarité ? Aucune certainement, les élèves font le calcul qu'être en vacances deux semaines plus tôt c'est mieux que d'aller travailler.
La reconquête du mois de juin ce n'est pas pour tout de suite.
Sans entrer dans la polémique, je trouve que le cas est intéressant à étudier à l'école puisque la guerre de 39-45 est au programme des élèves de troisième. Robert Ménard qui est tout sauf un idiot utilise un dessin de Jean Moulin pour la féria de Béziers. Comme on le sait si vit dans le sud, féria = corrida, une pratique barbare. En effet, même si on est natif du sud, on a beau tourner le problème dans tous les sens, une mise à mort d'un animal dans une arène est une pratique barbare. Seulement les retombées économiques sont conséquentes avec les férias, si bien qu'une municipalité peut difficilement cracher dessus au point que d'autres communes du sud veulent les réintroduire.
Utiliser les dessins de Jean Moulin, c'est quelque part dire, regardez, Jean Moulin était fan de la corrida, ce grand héros français qui a résisté à l'envahisseur. Dans la catégorie démagogie, on peut difficilement faire mieux.
Des raisons économiques bien sûr, une IA coûte moins cher que des professeurs. Cela dit, on sait qu'on va tout de même tendre vers ça sur le long terme. Je pense que c'est logique et pas que pour des économies. Lors des corrections des épreuves, malgré l'harmonisation, on se rend compte que nous ne corrigeons pas de la même manière. Nous ne corrigeons pas non plus de la même façon selon l'heure, selon la copie de début ou de fin. Nous sommes partiaux, l'IA ne l'est pas.
Un article de fond sur les usages, sur les élèves, sur les parents aussi. Je pense que l'un des problèmes de fond, c'est l'usage. Si un enseignant n'utilise pas les outils numériques, pourquoi lui imposer ? C'est exactement de la même manière pour les élèves qui ne sont pas nécessairement à l'aise avec. À mon niveau, l'illustration la plus probante, c'est la MDPH pour de nombreux élèves qui sont notifiés avec l'usage de l'ordinateur en classe. Ils sont très peu nombreux à le prendre, car ils jugent que c'est un frein à leurs apprentissages. Et c'est logique. Plusieurs obstacles pour les enfants, dont la double tâche, écouter et taper en même temps, ou simplement un cours de mathématiques ou de sciences autrement complexe à réaliser. En plus de 20 ans de métier, je n'ai vu qu'un seul élève utiliser pleinement les capacités de son ordinateur.
Des préconisations qui ratissent large et qui n'iront pas bien loin. Pour la première fois par contre, on note le trop d'écran dans l'éducation. On veillerait ainsi à une désactivation des notifications en lien avec les ENT sur une plage horaire, concrètement un droit à la déconnexion. Seulement le problème, c'est que les élèves qui sont attentifs aux ENT sont certainement les mêmes capables de se dégager des réseaux sociaux. Une forme de conscience professionnelle. Pour l'éducation, il me paraît évident qu'il faudrait surtout réfléchir sur le sens des écrans dans un univers qui a voulu faire passer en force les écrans.
J'en reviens toujours avec mon exemple, est-il réellement judicieux d'introduire la programmation Python en classe de BAC PRO quand justement il n'y a pas de réflexion d'usages sur les pratiques informatiques au programme.
Dans un dernier article j'évoquais le paradoxe français, trop d'écran mais pas assez. Ici la ministre de l'éducation nationale fait la distinction entre les bons écrans et les mauvais écrans. Le côté "préparer au monde de demain" avec des tablettes confirme ce que j'écris régulièrement, à savoir le problème de compétence de nos dirigeants. Les tablettes qui devaient enterrer le PC ne font que s'enterrer elles-mêmes. Quant au recrutement des enseignants, avec l'état qui cherche à faire des milliards d'économies, on peut se dire qu'il s'agit de paroles en l'air, ici encore qui manquent de réflexion. Avec une baisse du nombre d'enfants, faut-il encore faire le calcul du recrutement sur le long terme ? Le niveau ne cesse de baisser et faire des classes de 20 élèves ne règlera pas les problèmes.
Je trouve l'idée excellente, mais je reste particulièrement perplexe sur une nouvelle mission de l'école. ASSR2, PIX, sexualité, apprendre à nager, on a l'impression que les missions ne cessent de s'accumuler alors que le niveau ne finit de baisser. La segmentation des programmes entraine davantage de dispersion pour les enseignants et leurs élèves, il devient difficile de s'engager sur du long terme puisque chaque jour son nouveau projet. On peut aussi s'interroger sur le rôle des parents. L'argent de poche, l'argent tout court relève de la famille.
Il est intéressant de se rappeler qu'à l'époque du passage de BAC +3 à BAC +5, il s'agissait de rehausser le niveau des enseignants. En effet, l'enseignant est responsable de tous les maux, si bien qu'on pensait qu'avec un niveau plus haut, les élèves seraient meilleurs. Dans le contexte de l'époque, les gens allaient nombreux au concours pour s'assurer une paye correcte, des vacances et la sécurité de l'emploi. On fait aujourd'hui le constat qu'à BAC +5, une dégradation profonde du métier, on préfère mieux tenter sa chance ailleurs pour avoir une paye bien plus importante. Cela démontre ainsi que le niveau des enseignants n'a aucune importance mais seul le besoin ou non d'enseignants. Avec une baisse de natalité importante qui se répercute déjà sur les classes, on sait qu'on aura besoin de moins de profs dans le futur. On peut donc supposer qu'on aura un retour à BAC +5 ou jouer uniquement sur des contractuels qui peuvent être renvoyés n'importe quand.