On comprend qu'on n'arrivera jamais à s'en sortir. S'il y a bien un secteur dans lequel le rendement n'a aucun sens, dans lequel il n'y a aucun impératif si ce n'est moral, pédagogique, économique quand même, c'est bien l'école. Si on peut comprendre que pour des professionnels qui tous les jours utilisent des logiciels précis une bascule est complexe, pour des élèves, ça changerait quoi de tout basculer dans le libre ? Rien d'un côté, tout de l'autre. On ferait des économies de dingue, on planterait la graine de la liberté, on montrerait la volonté de l'état Français de se libérer des produits américains. Enfin bon comme d'habitude, en France on aime décevoir et on le fait très bien.
Un article complet avec la démarche NIRD (Numérique inclusif, responsable et durable) avec du AKA dedans qui rappelle que ce n'est pas que de l'écologie, du hardware, mais c'est surtout de l'éducation et de la politique.
Tout s'explique, et j'en déduis que je génère du pollen depuis 23 ans, je suis un arbre.
C'est tout le paradoxe de la situation. Enfin le paradoxe, les très nombreux paradoxes. Il faudrait une alimentation souveraine parce que mine de rien quand on voit que ça pète de partout, il vaut mieux avoir à manger sur son territoire. Seulement on n'aide pas vraiment les agriculteurs, le métier ne fait pas envie. Moralité les jeunes quittent la campagne, dans une logique d'économie l'état ferme les écoles et les services publics. Les récoltes sur le toit des immeubles n'étant certainement pas le meilleur moyen de nourrir sa population, à un moment il faudrait envisager de faire les bons choix politiques.
Un débat qui revient éternellement et qui n'a aucun sens. Pourquoi pas des journées plus courtes, pourquoi pas commencer à 9h. Seulement il y a deux points, si c'est pour que les élèves continuent à s'éclater les yeux sur les écrans jusqu'à pas d'heure +1 avec le décalage demandé ça ne sert à rien. Travailler au mois de juillet ou d'août c'est vivre c'est travailler avec des températures qui avoisinent les 40 degrés dans des établissements scolaires qui ne sont pas adaptés. On joue donc à se faire peur, on cherche de fausses solutions pour éviter le coup de pied au cul généralisé qui imposerait aux gosses du travail, de la rigueur et des efforts.
Ce qui est intéressant dans l'article ce sont les commentaires. Les gens très intransigeants expliquent qu'en fin de compte, Caroline Grandjean n'avait qu'à accepter la mutation qu'on lui proposait. C'est par ce genre de raisonnement qu'on justifie le viol d'une fille qui portait une jupe trop courte. Ce que ces gens ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c'est qu'effectivement ce n'est pas à une enseignante qui est dans son bon droit de quitter son école. C'est aux gens qui vivent dans son village de se conformer à la loi. Accepter la mutation, c'est reconnaître qu'on a le droit d'être homophobe dans ce coin du Cantal, une zone de non droit. Sa veuve a donc raison, il y aurait dû y avoir un soutien indéfectible pour faire cesser tous les agissements. Il faut ainsi voir si chacun a fait son job.
L'étau commence à se resserrer autour des réseaux en Europe. Il faut dire que le contexte est favorable à tous les niveaux avec notamment un désir de l'Europe de marquer son territoire et d'appeler à la souveraineté. Reste à voir désormais l'application. Si on peut se féliciter de voir enfin les états essayer de reprendre le contrôle sur les réseaux, il est regrettable que ce soit sur fond de tension politique et économique, et pas pour le véritable motif, le seul valable, la santé mentale de notre jeunesse.
Il y a dans cette histoire, une bonne synthèse de nombreux problèmes de nos sociétés. La première chose, c'est que dans quelques années, il n'y aura plus d'enfants avec la baisse de natalité qu'on se prend dans les dents. La seconde, c'est qu'on vit dans un monde tellement pourri pour qu'on ne veuille plus de gosse. La troisième, ce n'est pas tant que les gens n'aiment pas les enfants, ils ont juste du mal à supporter des gosses qui vont hurler à la mort pendant des heures de trajet devant l'indifférence totale de leurs parents trop absorbés par leurs écrans. Et je pourrais rebondir sur la société des écrans et même aller plus loin sur le mal-être qui nous force à scroller de manière infinie.
Intéressant de voir un collectif qui propose carrément un éloignement des technologies. On a basculé dans un espèce de Terminator plus subtil dans lequel la machine détruit l'homme car elle pense à sa place. On n'est pas rendu.
L'application au lycée. Je vous invite à lire l'article que j'ai pu écrire à ce sujet : https://restez-curieux.ovh/2025/11/30/retour-sur-lexperimentation-portable-en-pause/. Dans mon établissement scolaire, on ira certainement vers la mise en place, fort à parier par contre que ce sera peu suivi sur le territoire français avec la complexité des raisons déjà évoquées.
Plus de 90% des enseignants du primaire payent pour bosser.
Je connais des gens qui ont basé toute leur stratégie sur les réseaux et qui visaient les jeunes qui risquent d'être particulièrement déçus. Je trouve que c'est une bonne mesure, même s'il y a de bonnes chances pour que les gosses contournent beaucoup.
Le temps de réaction de l'état est tout bonnement catastrophique, il aurait fallu poser une interdiction particulièrement rapidement. On pourrait se dire que c'est la faute des jeunes et qu'il y aura toujours une drogue à consommer, on pourrait surtout prendre le problème à l'envers et s'interroger sur comment rendre heureuse une jeunesse qui voit l'avenir en noir et qui cherche dans les drogues une échappatoire.
Je trouve ça très positif qu'on durcisse le ton, mais je trouve qu'on change les règles du jeu en cours de partie. On a eu de cesse de baisser le niveau, de tolérer l'intolérable, de céder à la pression des parents pour du jour au lendemain rendre les examens plus difficiles. Remonter la pente c'est le genre de choses qui va prendre des années, car le problème ne vient pas des enfants mais de tout le monde. Il faudra accepter de voir des gens qui n'ont pas l'examen, il faudra accepter de les faire redoubler, il faudra durcir rapidement face aux élèves qui ne font rien et ne rien laisser passer. Et si détruire c'est facile, rapide, reconstruire c'est différent, surtout quand on va se retrouver avec une population qui sera en opposition et qui n'est pas simple à faire plier.
Les sujets 0 viennent d'arriver. Une première lecture me laisse particulièrement perplexe. Ce qui paraît évident c'est qu'on va prendre le mur.
C'est une véritable réflexion de fond, à savoir qu'on fait lire des trucs imbuvables d'un autre siècle à nos enfants. Et pourtant, je ne suis pas certain que si on faisait lire de la dark romance en cours de français on trouverait ça génial du côté des élèves. Car la problématique est pour moi toujours la même. La lecture est un effort et cet effort, le jeune ne veut plus le faire. Alors qu'on est en lycée agricole, qu'on a des jeunes en grande difficulté scolaire, on a une petite de 3ème qui lit spontanément l'étranger de Camus parce qu'elle a vu le film et qu'elle a trouvé ça formidable.
L'idée de faire rentrer les enfants plus tard c'est quelque chose que j'entends de plus en plus souvent. Je note tout de même un abandon de plus. Et si les enfants se couchaient simplement plus tôt ? Ce n'est pas le problème, mais une partie du problème. On peut parler des causes, le temps d'écran pour gratter sur le temps de sommeil, mais pas seulement. La fameuse mobilité promue par les transports en commun est une véritable catastrophe, j'ai des élèves qui jonglent entre plusieurs bus pour faire quelques dizaines de kilomètres. Des bus fréquemment en retard, parfois qui ne passent pas, et dans tous les cas des bus qui passent particulièrement tôt.
Malheureusement, pour l'élève qui a décidé de passer son temps devant les écrans, décaler d'une heure l'entrée à l'école c'est décaler d'une heure de plus l'heure de coucher.
Des statistiques sur le devenir des élèves post troisième. On notera que la part des élèves qui va en apprentissage se compte sur les doigts d'une main.
La grande politique de l'éducation nationale, jeter des idées en l'air et attendre que les établissements scolaires en prennent possession sans aucun moyen. On ne s'étonnera pas que la mesure ne rencontre pas de succès, c'est un investissement et une logistique conséquente. Dans mon établissement, nous avons des boites dans les salles sous clé. Bien évidemment des élèves grugent et ne donnent pas leur téléphone portable, aucune possibilité de le récupérer puisque nous n'avons pas le droit de fouiller les élèves et de confisquer le matériel.
20 000 élèves pour un médecin scolaire : "la situation devient intenable" alerte une professionnelle
Ah c'est clair qu'avec des moyens pareils, on va prendre soin de nos jeunes…